DES SCENARIOS D’ENGAGEMENT DISCUTES AU SEIN DE PLATEFORMES MULTI-ACTEURS, SUR BASE D’UN DIAGNOSTIC SCIENTIFIQUE
3 076 espèces
évaluées dont 249 sont endémiques
264 espèces
menacées dont 124 endémiques selon la Liste rouge de l'UICN des espèces menacées (2021-1)
Menaces
(source: IUCN Red List 2021-1)
La grande diversité des paysages éthiopiens a conduit à de grandes variations du climat, des sols et de la végétation naturelle, avec 10 écosystèmes, 18 zones agro-écologiques majeures et 49 mineures. Les hautes terres d’Éthiopie sont la source de grands fleuves pérennes, dont le Nil Bleu. Il n’y a pratiquement pas d’écoulements d’eau de surface pérennes dans les zones inférieures à 1500m.
Les forêts éthiopiennes jouent un rôle vital pour assurer la sécurité alimentaire et des moyens de subsistance durables pour des millions de ménages, notamment grâce à la production de miel, de café de forêt, de gommes naturelles et de bois. Selon les estimations nationales, l’Éthiopie possède un nombre estimé de 6 000 espèces de plantes supérieures dont 10 % sont endémiques, 284 espèces de mammifères sauvages et 861 espèces d’oiseaux. Le pays est également reconnu comme l’un des centres d’origine mondiaux pour des cultures telles que le café, mais aussi un centre de diversité pour les animaux de ferme indigènes – 28 bovins, 9 ovins, 8 caprins, 7 chameaux, 6 ânes, 8 races de chevaux, 2 mulets et 7 races de poulets.
En raison de l’expansion agricole, une partie importante des hautes forêts, des terres boisées et des zones humides ont été converties en exploitations de thé, riz, canne à sucre, pour l’implantation d’usines de biocarburants et des plantations de café. Le NBSAP de l’Éthiopie identifie la conversion de l’habitat, l’utilisation non durable des ressources de la biodiversité, les espèces envahissantes, le remplacement des variétés et des races locales, le changement climatique et la pollution comme les principales menaces directes pour la biodiversité. De nombreuses causes indirectes impactent elles aussi le déclin de la biodiversité éthiopienne, notamment la croissance démographique, la pauvreté et le manque de sensibilisation et de coordination.
Le Plan de croissance et de transformation II de l’Éthiopie (GTP II) place la modernisation et la durabilité du secteur agricole comme l’un de ses piliers pour assurer sa croissance d’ici 2025. Le GTP II identifie également l’environnement et l’économie verte comme une question transversale, avec un certain nombre d’objectifs majeurs tels que l’augmentation de la contribution des forêts à l’économie et à l’écologie en augmentant la couverture forestière de 20% ou la réhabilitation des aires protégées pour croître les puits de carbone de 30%.
En Ethiopie, les acteurs des trois secteurs ciblés ont été mobilisés par des ateliers de dialogue nationaux (un par secteur) organisés en deux temps : validation du diagnostic 2 proposant des actions stratégiques pour chaque secteur, et validation des propositions sectorielles par région, par secteur ou par biosphère.
Ces ateliers ont rassemblé des représentants du public, du privé (faitières, organisations de producteurs, entreprises), des organisations de la société civile, de la recherche, et des représentants du secteur bancaire.
Filières choisies et scénarios discutés
Agriculture (céréales et café)
Céréales
- Éviter l’expansion des terres cultivées dans les zones strictement protégées (monts Balé) par une application efficace de la loi.
- Adopter des pratiques d’agriculture céréalière intensives respectueuses de la biodiversité (semences améliorées; compost, paillis et fumier; polyculture, agroforesterie; lutte contre les ravageurs et les mauvaises herbes.)
- Restauration des zones de culture céréalière précédemment dégradées et abandonnées par le reboisement, la clôture des zones, les pratiques de conservation des sols et de l’eau.
Café
- Éviter ou réduire le taux de déforestation pour les nouvelles cultures de café
- Adopter des intrants technologiques et des pratiques de production modernes respectueux de la biodiversité afin d’améliorer mutuellement la productivité du café et l’état de la biodiversité
Elevage
- Réduire les impacts du surpâturage du bétail sur la biodiversité dans les Key Biodiversity Areas (KBAs), y compris le BMNP, par le biais de mécanismes réglementaires formels et informels
- Améliorer la gestion des parcours et des sources d’eau et les systèmes de collecte d’eau dans les zones semi-arides pour faire face à la pénurie d’eau et d’aliments pour le bétail.
Forêt
- Réduire la dépendance des ménages urbains et ruraux et des prestataires de services (hôtels/restaurants, boulangeries, etc.) à l’égard des forêts naturelles pour l’énergie, la construction et/ou la production de meubles
- Renforcer la protection, le développement et l’utilisation durable des forêts en élaborant un plan de gestion forestière et une certification de la propriété des forêts privées, des associations et des coopératives.
Les solutions identifiées par les parties prenantes
Retrouvez ci-dessous le contenu des piste d’engagement volontaire obtenues en Ethiopie, dans la région de Bale et des forêts du Sud-Ouest.
Céréales et élevage
Céréales
- Amélioration de la gestion des maladies
- Promotion de l’agroforesterie et de l’agriculture biologique
- Diversification des cultures
Elevage
- Promotion de l’allocation d’une partie des champs pour la production de fourrage en agroforesterie
- Utilisation de variétés de bétail améliorées
- Promotion d’options de diversification des revenus pour limiter la dépendance à l’élevage
Forêts du Sud-Ouest (café et bois énergie)
Café :
- Promotion de la recherche et de l’expansion de la culture de café de haute qualité
Bois énergie :
- Promotion d’énergies alternatives
Transverse :
- Valorisation économique des bonnes pratiques ; accès préférentiel au crédit pour financement des bonnes pratiques ; promotion de l’agroforesterie