Kenya

DES PISTES D’ENGAGEMENT VOLONTAIRE DISCUTEES AU SEIN DE PLATEFORMES MULTI-ACTEURS, SUR BASE D’UN DIAGNOSTIC SCIENTIFIQUE

6 220 espèces

évaluées dont 380 endémiques

642 espèces

menacées dont 213 endémiques selon la liste rouge de l'UICN des espèces menacées. (2021-1)

49 029 ha

Forêt primaire perdue entre 2002 et 2020, soit 14% de la surface totale arborée du pays.

Menaces

(source: IUCN Red List 2021-1)

Utilisation des ressources naturelles - Pêche & exploitation des ressources maritimes
Développement résidentiel et commercial - urbanisation
Agriculture - Culture des produits forestiers non ligneux annuelle et pérenne
Pollution - Effluents de l’agriculture et de l’exploitation forestière

Télécharger le rapport

L’enjeu : s’attaquer aux causes de l’érosion de la biodiversité au Kenya

Le Kenya est divisé en cinq zones aux paysages très variés (forêts, plaines, montagnes, prairies, garrigues semi-arides…) ainsi que des écosystèmes côtiers et maritimes. Les écosystèmes d’eau douce et salins couvrent environ 8% de la superficie du Kenya. Ces zones sont essentielles pour la biodiversité, la production alimentaire, la stabilité hydrologique, les cycles minéraux et le développement socio-économique du pays. Les étendues d’eau douces et salées font partie d’un équilibre essentiel pour de nombreux oiseaux migrateurs, mais également pour l’alimentation et la vie quotidienne des habitants (pêche, bois de mangrove, activité économique…).

Le Kenya compte également de nombreuses aires protégées (parcs nationaux, réserves et sanctuaires), cependant plus de 70% de la biodiversité nationale est localisée hors de ces zones gérées par le Kenya Wildlife Service (KWS), ce qui la rend particulièrement exposée aux menaces et conduit à de multiples défis de conservation. Le Kenya possède, par ailleurs, une richesse de mammifères dont 14 sont endémiques du pays tels que l’éléphant d’Afrique, le rhinocéros noir, le buffle, le léopard ou encore le lion d’Afrique.

Enfin, le Kenya voit sa biodiversité impactée par de nombreuses menaces : pression démographique, escalade de la pauvreté et des conflits, pratiques d’utilisation des terres entraînant leur dégradation et pollution, espèces envahissantes telles que la perche du Nil et la jacinthe d’eau dans le lac Victoria, dégradation des coraux dûs aux changement climatiques, industrie touristique qui grignote des zones côtières fragiles, etc.

Accès à la fiche IBAT

Au Kenya, la mobilisation des acteurs s’est faite au niveau du Comté de Kajiado.

Sur base du diagnostic 2, trois ateliers d’enrichissement ont été organisés.

Un premier atelier a mobilisé le Groupe de Travail « secteur privé » du Forum Intersectoriel sur l’Agrobiodiversité et l’Agroécologie (Intersectoral Forum on Agrobiodiversity and Agroecology), une plateforme multi-acteurs dédiée à la promotion de l’agroécologie.

Un deuxième atelier a été organisé avec les acteurs du public, de la société civile et de la recherche, à l’occasion de la préparation de la COP.

Un dernier atelier avec les acteurs pertinents à l’échelle du Comté de Kajiado a réuni les services déconcentrés du Ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et des Pêcheries, et des représentants d’Associations des usagers des ressources en eau.

Filières choisies et scénarios discutés

  • Sensibilisation et renforcement des capacités des producteurs de tomate
  • Adoption de pratiques agricoles plus efficientes
  • Reforestation sur au moins 10% de la surface cultivée par les  agriculteurs (conformément aux règles agricoles en vigueur depuis 2009)
  • Certification et standards de durabilité comme outil de suivi de l’emprunte biodiversité de la production de tomates le long de la chaîne de valeur
  • Sensibilisation et renforcement des capacités des éleveurs
  • Développement de et adhésion à des plans de gestion des pâturages
  • Adoption de pratiques pastorales alternatives
  • Reforestation sur au moins 10% de la surface totale de pâturage
  • Certification et standards de durabilité pour la viande et les produits laitiers comme stratégie pour intégrer la biodiversité dans les décisions économiques des éleveurs
  • Sensibilisation et renforcement des capacités des charbonniers
  • Adoption de technologies plus efficientes d’utilisation du charbon
  • Reforestation ou régénération naturelle sur les pâturages dégradés
  • Utilisation de Solutions Fondées sur la Nature comme activités génératrices de revenus alternatifs
  • Certification et standards de durabilité
  • Système de paiements pour services écosystémiques dans le secteur de la forêt

Les scénarios d’engagement identifiés dans le comté de Kajiado (Kenya) sont identiques aux solutions identifiées par les parties prenantes, puisque le DIAG2 a intégré les recommandations issues des 3 ateliers d’enrichissement.

Le cadre mondial Kunming-Montréal

65 % des recettes d'exports

sont issues de l'horticulture (fleurs, fruits, légumes) en 2020 (Farm to market Alliance, 2022, Making markets work better for smallholder farmers - Kenya Country Brief)

Fiche pays IPPS

Notes de politiques publiques

Après avoir appuyé les 15 pays dans l’identification des secteurs prioritaires, et facilité l’engagement des acteurs du privé en faveur de la biodiversité, BIODEV2030 s’appuie sur la dynamique créée pour décliner les engagements volontaires à l’échelle d’un territoire pilote, et pour renforcer l’intégration de la biodiversité dans les politiques publiques sectorielles des pays.

Les secteurs ciblés pour la phase II sont la filière charbon de bois et l’élevage. Afin d’identifier les instruments de politiques publiques sectorielles (IPPS) les plus pertinents à créer, supprimer ou modifier, BIODEV2030 a sollicité le cabinet Altai Consulting. Cet appui entend ainsi contribuer à la mise en cohérence des politiques économiques, sectorielles (agriculture, mines, pêche, foresterie, etc.) et environnementales (notamment relatives à la biodiversité), aspect clé de l’approche mainstreaming. Cette intégration globale de la biodiversité permet d’éviter que les politiques économiques et sectorielles incitent les acteurs (producteurs) à adopter des pratiques productives néfastes pour la nature, entrant en contradiction avec les engagements biodiversité pris par un Etat.

Altai a ainsi développé des fiches dites « IPPS » pour chaque pays. La fiche Kenya est disponible via le bouton ci-dessus.

 

Les ateliers de dialogue ont réuni le Ministère de l’Agriculture et du Développement de l’Elevage ainsi que le Ministère de l’Environnement, du Changement Climatique et des Forêts. De nombreuses autres parties prenantes issues du secteur privé et de la société civile ont également participé.

La phase II du projet pourrait être arrimée au Mécanisme National de Coordination de la Biodiversité (National Biodiversity Coordination Mechanism) qui met en œuvre le Cadre Mondial pour la Biodiversité. Le lien avec l’Autorité Nationale de Gestion de l’Environnement (NEMA) a été maintenu.

Les réformes proposées sont essentiellement liées au zonage du pâturage et à la gestion communautaire des plans de développement locaux. Les mécanismes de Paiements pour Services Environnementaux (PSE) sont également envisagés.

Notes de concept

Dans le but d’accompagner les acteurs de territoires pilotes (privés, publics, OSC) à définir collectivement des actions pour réduire les pressions sur la biodiversité, des projets de transition vers des pratiques nature-positive, voire de solutions fondées sur la nature, seront développés sur la base des actions de changement  identifiées durant le dialogue multipartite, puis portés auprès de financeurs potentiels.

Le projet pilote aura lieu dans le Comté du Sud-Kajiado. Il se concentrera sur le renforcement de la gestion des zones de pâturage et la restauration de la biodiversité des paysages dégradés, tout en promouvant les pratiques agroécologiques.

 

Accéder à toutes les ressources documentaires du Kenya