Kenya

La Vision 2030 du Kenya propose d’industrialiser le pays et d’offrir une qualité de vie élevée à tous ses citoyens, au plan économique et environnemental. Une grande partie de la richesse du pays provient de son capital naturel, principalement dans les secteurs de l'agriculture, de la foresterie, des mines, de la pêche et du tourisme. L'élaboration d'une stratégie nationale d'économie verte a été identifiée comme une priorité pour soutenir la mise en œuvre de la Vision 2030. En tant que l'un des dix pays les plus diversifiés au monde, le Kenya reconnaît le rôle essentiel de la biodiversité pour son développement durable.

Une mobilisation nationale

Réunion de lancement

9 mars 2020

Kenya Agricultural & Livestock Research Organization – NAIWASHA

Le projet BIODEV2030 a été officiellement lancé au Kenya à l’occasion d’un atelier rassemblant des parties prenantes expertes de la biodiversité participant à la réalisation du 6ème Rapport National sur la Biodiversité au Kenya. Cet atelier de lancement fut l’occasion de présenter aux participants les objectifs du projet BIODEV2030, d’échanger sur la méthodologie d’étude des menaces et d’introduire la nouvelle mesure STAR permettant de les évaluer et analyser.

Kenya-reunion lancement
Atelier des parties prenantes du 6ème Rapport National sur la Biodiversité du Kenya, Agricultural & Livestock Research Organization (KARLO), Naivasha, Kenya.


Diagnostic

L’enjeu : s’attaquer aux causes de l’érosion de la biodiversité au Kenya

Le Kenya est divisé en cinq zones aux paysages très variés (forêts, plaines, montagnes, prairies, garrigues semi-arides…) ainsi que des écosystèmes côtiers et maritimes. Les écosystèmes d’eau douce et salins couvrent environ 8% de la superficie du Kenya. Ces zones sont essentielles pour la biodiversité, la production alimentaire, la stabilité hydrologique, les cycles minéraux et le développement socio-économique du pays. Les étendues d’eau douces et salées font partie d’un équilibre essentiel pour de nombreux oiseaux migrateurs, mais également pour l’alimentation et la vie quotidienne des habitants (pêche, bois de mangrove, activité économique…).

Le Kenya compte également de nombreuses aires protégées (parcs nationaux, réserves et sanctuaires), cependant plus de 70% de la biodiversité nationale est localisée hors de ces zones gérées par le Kenya Wildlife Service (KWS), ce qui la rend particulièrement exposée aux menaces et conduit à de multiples défis de conservation. Le Kenya possède, par ailleurs, une richesse de mammifères dont 14 sont endémiques du pays tels que l’éléphant d’Afrique, le rhinocéros noir, le buffle, le léopard ou encore le lion d’Afrique.

Enfin, le Kenya voit sa biodiversité impactée par de nombreuses menaces : pression démographique, escalade de la pauvreté et des conflits, pratiques d’utilisation des terres entraînant leur dégradation et pollution, espèces envahissantes telles que la perche du Nil et la jacinthe d’eau dans le lac Victoria, dégradation des coraux dûs aux changement climatiques, industrie touristique qui grignote des zones côtières fragiles…

6 220 espèces

comptabilisées au Kenya (dont 380 endémiques) dont 642 (et 213 endémiques) sont menacées selon la liste rouge de l’UICN des espèces menacées. (2021-1)

49 029 ha

Forêt primaire perdue entre 2002 et 2020, soit 14% de la surface totale arborée du pays.

Menaces

(source: IUCN Red List 2021-1)

Utilisation des ressources naturelles – Pêche & exploitation des ressources maritimes
Développement résidentiel et commercial – urbanisation
Agriculture – Culture des produits forestiers non ligneux annuelle et pérenne
Pollution – Effluents de l’agriculture et de l’exploitation forestière

Les points clés retenus :

Pour réduire le risque d’extinction des espèces, les actions ciblées de réduction des menaces anthropiques, particulièrement dans les régions de Nyandaruy, Taita Taveta, Kwale et Kilifi, présentent un plus grand potentiel que les actions de restauration de l’habitat. Réduire les menaces qui pèsent sur la biodiversité kényane est essentiel pour réduire le risque d’extinction des espèces et restaurer leur habitat naturel, en particulier dans certaines régions clés (Nyandaruy, Taita Taveta, Kwale et Kilifi).

Les cultures non ligneuses, l’exploitation forestière, la collecte du bois, la surpêche ainsi que le développement de logements et infrastructures sont activités anthropiques qui offrent le plus fort potentiel en termes de réduction des menaces liées à la biodiversité.

Ces résultats sont les fondements scientifiques des réunions des parties prenantes pour choisir les 3 secteurs d’engagement.

  • Agriculture
  • Forestier
  • Pêche

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