TIRER LES LEÇONS DE LA METHODE BIODEV2030 DE MAINSTREAMING DE LA BIODIVERSITE

Depuis 2019, nous expérimentons une méthode innovante d’intégration de la biodiversité dans les secteurs économiques de 15 pays aux contextes socioéconomiques et environnementaux multiples. Cette méthode repose sur (1) un dialogue associant tous les acteurs de la société, afin de (2) soutenir les gouvernements dans la révision ou la mise en oeuvre du Cadre Mondial de la Biodiversité de Kunming-Montréal (KMGBF), en (3) priorisant des réformes de politiques publiques sectorielles intégrant la biodiversité et en (4) co-construisant des projets pilotes au niveau territorial.

POURQUOI CAPITALISER ?

Le caractère pilote de BIODEV2030 en fait un projet propice à la capitalisation d’expériences. Ici, la capitalisation répond au besoin d’analyse de la méthode BIODEV2030 de mainstreaming étapes par étapes. Il s’agit donc de tirer les enseignements de la mise en œuvre de la méthode BIODEV2030 pour assurer sa bonne réplicabilité mais aussi de partager et promouvoir les spécificités et outils (approche fondée sur la science couplée à un dialogue multi-acteurs) propres à cette méthode.

Finalement, les enseignements tirés de la capitalisation serviront d’autres acteurs désireux de mettre en œuvre la Cadre Mondial de la Biodiversité de Kunming-Montréal grâce à une méthode de mainstreaming de type BIODEV2030.

COMMENT CAPITALISER ?

BIODEV2030 est une méthode innovante d’intégration de la biodiversité dans les secteurs économiques de 15 pays aux contextes socioéconomiques et environnementaux multiples. Cette méthode intègre une stratégie de capitalisation au fil de l’eau coordonnée par Expertise France.

La capitalisation permet de :

  • soutenir la mise en œuvre en renforçant les capacités des acteurs locaux et valoriser les résultats du projet
  • tirer les enseignements de la méthode BIODEV2030
  • renforcer les capacités des autorités nationales et des partenaires locaux sur les thématiques clés et la mobilisation de ressources pour la biodiversité
  • animer une communauté de praticiens du mainstreaming et la valorisation des enseignements dans le cadre d’évènements internationaux (COP CDB, Congrès UICN, etc.)

SUR QUELS ASPECTS DE LA METHODE BIODEV2030 CAPITALISER ?

Des thématiques d’intérêts ont été identifiées, chacune correspondant à une composante clé du projet. C’est la combinaison des enseignements et recommandations issus de ces objets de capitalisation qui permettra la bonne réplication de la méthode BIODEV2030 pour d’autres secteurs économiques ou encore dans d’autres pays.

 

 

Infographie décrivant la méthodologie du projet en phase II

 

COMMENT PRESENTER LES ENSEIGNEMENTS DE LA METHODE BIODEV2030 ?

Les enseignements issus de la capitalisation sont présentés dans une collection de :

  • pour la phase I, 5 guides pratiques correspondants à 5 composantes clés du projet.
  • pour la phase II, 3 guides pratiques ainsi que 6 fiches sectorielles.

Ces guides sont complétés par une série d’autres documents (publications ou vidéos) qui viennent approfondir certaines étapes de la méthode BIODEV2030 via une analyse scientifique ou grâce aux témoignages directs des parties prenantes du projet.

Nos outils de capitalisation

Avec le Cadre Mondial de la Biodiversité de Kunming-Montréal (CMBKM), adopté en 2022 par les parties à la Convention sur la Diversité Biologique (CDB), l’intégration sectorielle de la biodiversité à tous les niveaux de gouvernements et tous les secteurs est consacrée pour la première fois (cible 14). En ciblant les instruments de politiques publiques sectorielles (IPPS) impactant négativement la biodiversité et en proposant des options de réformes, le projet BIODEV2030 vise à accompagner les gouvernements dans la révision et la mise en oeuvre de leurs stratégies et plans nationaux pour la biodiversité (SPANB).

Ce guide présente trois critères de réussite principaux pour atteindre cet objectif :

1. S’appuyer sur des diagnostics scientifiques et analyses sectorielles solides et consensuelles afin de prioriser puis promouvoir les instruments de politiques publiques à réformer ;

2. Permettre un dialogue multi-acteurs intersectoriel formalisé intégrant les acteurs stratégiques ;

3. Aligner les réformes identifiées aux plans de développement économiques nationaux et Stratégies et Plans d’Action Nationaux Biodiversité.

 

Télécharger le #guide 1 ici

En adoptant le Cadre Mondial sur la Biodiversité de Kunming-Montréal (CMBKM) en 2022, les parties de la Convention sur la Diversité Biologique (CDB) se sont notamment engagées à assurer une gestion durable des ressources naturelles (cible 10), et à évaluer et réduire les impacts sur la biodiversité, issus des activités du secteur privé (cible 15).

En promouvant une approche inclusive basée sur le dialogue et la science, BIODEV2030 a été déployé dans plusieurs territoires dits « pilotes » identifiés lors d’ateliers de consultation. Les parties prenantes (secteur privé, organisations de la société civile, communautés autochtones, administrations locales) ont mis en lumière les pratiques productives néfastes dans les secteurs économiques priorisés au niveau national, ainsi que les principales pressions sur la biodiversité, afin de proposer des solutions pour faire évoluer ces pratiques.

En tirant les enseignements issus de la mise  en oeuvre du projet, ce guide présente trois critères de réussite principaux pour atteindre cet objectif :
1. Identifier un territoire pilote stratégique
2. Co-construire un projet pilote d’évolution des pratiques productives
3. Articuler le projet avec les plans d’action biodiversité et sectoriels nationaux

 

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La phase II accompagne les 15 pays dans l’identification et la mobilisation d’outils et de mécanismes de financement pour soutenir la mise en oeuvre de :

• Réformes de politiques publiques sectorielles priorisées
• Activités des projets pilotes développés au niveau des territoires

Ces activités traduisent une contribution directe aux cibles 18 et 19 du Cadre Mondial de la Biodiversité de Kunming-Montréal, en donnant aux Parties de la Convention les moyens de mise en oeuvre adéquats, notamment de financement et de renforcement des capacités. Travaillant à renforcer les incitations positives et l’augmentation des ressources financières au service des Stratégies Nationales Biodiversité, le projet ambitionne de mobiliser des moyens financiers pour combler le déficit de financement de la biodiversité dans ces 15 pays.

Les deux critères de réussite principaux identifiés présentés dans ce guide sont :

1. Financer la mise en oeuvre des instruments de politiques publiques sectorielles priorisés au cours des ateliers de dialogue multi-acteurs, en les intégrant au budget national, ou en ciblant des bailleurs et mécanismes d’appui aux politiques, comme des prêts de politiques publiques, des subventions, des flux financiers réorientés, ou des fonds fiduciaires de conservation (FFC).

2. Financer les projets pilotes d’amélioration des pratiques productives au niveau des territoires, en participant à l’identification de financements mixtes, issus de subventions et de contributions directes du secteur privé (Responsabilité Sociale des Entreprises et investissements), et promouvant des systèmes innovants tels que le paiement des services écosystémiques, les certificats biodiversité et les mécanismes de partage des bénéfices.

 

Télécharger le guide #3 ici

En phase II, des fiches sectorielles de capitalisation ont été produites pour chaque secteur ciblé dans BIODEV2030 : agriculture, pêche et aquaculture, forêts, énergie, mines, élevage.

Ces fiches résument les principales tendances observées dans les pays ayant ciblé ce secteur : pratiques productives et menaces, instruments de politiques publiques à réformer, types d’activités développées pour les projets pilotes.

Télécharger les 6 fiches sectorielles dans l’onglet capitalisation.

Décider des priorités d’actions nécessite d’objectiver les discussions en produisant des données sur les menaces qui pèsent sur la biodiversité et leurs liens avec les secteurs économiques et en discutant les résultats. Pour initier ce dialogue multi-acteurs autour des enjeux de biodiversité nous avons identifié deux critères de réussite : 1. Produire un diagnostic des menaces crédible scientifiquement, légitime aux yeux des parties prenantes et pertinent pour les décideurs et 2. Accompagner l’appropriation des résultats du diagnostic et engager le dialogue

Télécharger le guide #1

Cette publication propose des outils et des recommandations sur la façon de réaliser une évaluation solide et approuvée des principales menaces sur la biodiversité. Elle présente et analyse les forces et limites de la combinaison des 3 méthodes (revue de littérature, métrique STAR, consultations d’experts) utilisées pour hiérarchiser les menaces qui pèsent sur la biodiversité et les lier aux secteurs économiques.

Consulter la publication

L’intégration de la biodiversité exige une coordination intersectorielle et une collaboration forte entre les groupes de parties prenantes pour renforcer les liens et les actions entre les secteurs et les institutions. Pour organiser un dialogue constructif entre parties prenantes nous avons identifié deux critères de réussite : 1. Mettre en place une plateforme de dialogue multi-acteurs portée par le gouvernement et 2. Organiser une animation plurielle pour favoriser la prise de décision.

Télécharger le guide #2

Cette vidéo illustre les bénéfices de la méthode BIODEV2030 retirés par les parties prenantes grâce aux témoignages directs des points focaux nationaux pour la biodiversité, des acteurs privés et de représentants du secteur financier qui ont participé au dialogue multi-acteurs. Ce reportage de 10min réalisé au Bénin et en Tunisie donne à voir des exemples concrets d’engagements pris dans les filières coton, sylviculture et cimenterie pour changer leurs pratiques et ainsi diminuer leur impact sur la biodiversité.

La mise en place de politiques et stratégies économiques plus efficaces en termes d’intégration de la biodiversité nécessitent compréhension fine du secteur ou de la filière d’activité et de ses liens avec la biodiversité tout au long de la chaîne de valeur. Pour identifier les moteurs du changement vers des pratiques ambitieuses et réalistes en faveur de la biodiversité nous avons identifié deux critères de réussite principaux : 1. Réaliser une analyse approfondie des filières prioritaires et 2. Proposer des scénarios d’engagements volontaires. 

Télécharger le guide #3

La conservation et l’utilisation durable de la nature seront atteintes grâce au déploiement d’engagements volontaires qui mobilisent efficacement l’action individuelle et collective. Ces mutations profondes des pratiques nécessitent que l’ensemble de la société – et notamment les acteurs économiques – se concertent, renforcent leur coopération et s’engagent à prendre une série de mesures liées et fondées sur l’état des connaissances scientifiques. Pour cela, nous avons identifié deux critères de réussite principaux : 1. définir la stratégie et l’approche pertinentes pour faire émerger ces engagements et 2. réunir l’ensemble des acteurs sectoriels concernés et pertinents en s’assurant de leur participation éclairée.

Téléchargez le guide #4

Au Sénégal, BIODEV2030 eu recours à une approche innovante et sur-mesure de mobilisation et de dialogue basée sur les jeux sérieux, animée par un consortium de consultants nationaux et internationaux. Cette technique de facilitation est entièrement fondée sur une démarche participative qui fait travailler l’intelligence collective. A travers le jeu, les participants prennent conscience et discutent des problèmes environnementaux qu’ils rencontrent et de leurs causes. Ils peuvent ensuite explorer de nouvelles solutions à un problème donné et se représenter leur impact sur la biodiversité. Cette approche permet aux participants de prendre collectivement et individuellement des engagements volontaires en fonction de leur niveau de responsabilité et de leurs possibilités d’actions en visualisant le résultat.

[vidéo sous-tirée anglais]
Au Mozambique, BIODEV2030 a mobilisé des entreprises championnes des secteurs de la canne à sucre et de la pêche. Elles ont mis en place des bonnes pratiques productives permettant d’augmenter les revenus, de conserver et de restaurer la biodiversité.
Au cours du dialogue multipartite, ces entreprises ont servi de point d’ancrage à d’autres pour s’engager dans le concept d’engagements volontaires en faveur de la biodiversité.

L’approche volontaire d’intégration de la biodiversité dans les pratiques des acteurs sectoriels vient compléter et renforcer l’éventail de mesures à disposition des institutions publiques (législation, subventions, investissements) pour préserver et restaurer la biodiversité.  C’est par cette action conjointe et coordonnée des gouvernements et des acteurs privés que les 23 mesures cibles du cadre mondial pour la biodiversité pourront être atteintes. Nous avons identifié deux critères de réussite pour formuler des engagements robustes : 1. définir des objectifs partagés et détailler le contenu de ces engagements et 2. tenir compte des spécificités des filières et des territoires.

Téléchargez le guide #5

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