Cameroun

DES SCENARIOS D’ENGAGEMENT IDENTIFIES AU SEIN DE PLATEFORMES MULTI-ACTEURS, SUR BASE D’UN DIAGNOSTIC SCIENTIFIQUE

50%

d’espèces végétales en voie de disparition dans les “hotspots” des écosystèmes montagneux et forestiers

- 128 000HA

perte de couvert végétal annuel depuis 2018

MENACES

Source : étude de diagnostic des menaces

Production rurale
Plantations agro-industrielles
Foresterie
Urbanisation

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La biodiversité du Cameroun est l’une des plus variée et diversifiée d’Afrique à la fois en termes de variété et de quantité d’écosystèmes et de ressources génétiques. En effet, le pays présente un degré d’endémisme élevé. Il abrite 92% des écosystèmes et près de la moitié des espèces d’oiseaux et de mammifères du continent. Le Cameroun possède le deuxième plus grand massif forestier du Bassin du Congo : 45% de son territoire est couvert de forêts.

Au travers les services qu’elle rend aux populations, il est admis que la biodiversité locale participe au bien-être des habitants, à l’approvisionnement en produits divers tels que la nourriture, les plantes médicinales et au rôle clef des écosystèmes dans la régulation du climat, la lutte contre les inondations, le contrôle des sécheresses, etc.

Depuis quelques années, l’intensification des activités économiques et la croissance démographique ont amplifié l’anthropisation des milieux. Elle conduit à une dégradation notable de la biodiversité camerounaise. L’exploitation non durable des ressources et leur surexploitation, l’évolution des conditions socio-économiques et le développement urbain induisent des changements majeurs sur l’utilisation des espaces maritimes et terrestres.

Accès à la fiche IBAT

Au Cameroun, le dialogue multi-acteurs a pris la forme d’échanges entre le WWF et des représentants du secteur public et du Groupement inter-patronal du Cameroun (GICAM). Un atelier de restitution a été organisé afin de présenter aux membres de la plateforme IPBES la notion d’engagement volontaire, ainsi que les grands résultats de l’étude issue du diagnostic 2 sur l’évaluation approfondie de l’impact des secteurs agricoles et des infrastructures sur la biodiversité du pays.

Le processus n’a pas permis de valider les pistes d’engagement volontaire identifiées par le diagnostic 2 mais les scénarios d’engagement ont été présentés aux parties prenantes.

Filières choisies et scénarios discutés

Privé :

  • Mise en œuvre des Plans de Gestion Environnementaux et Sociaux (PGES)
  • Conservation des zones à Haute Valeur de Conservation
  • Promotion de l’agriculture biologique et de la fertilisation organique
  • Utilisation contrôlée et adaptée des produits phytosanitaires
  • Recherche de financement carbone et biodiversité
  • Reforestation

 

Public :

  • Mise en œuvre d’une politique zéro-déforestation
  • Prise de dispositions légales pour lutter contre le bois illégal, inciter les entreprises à s’engager dans des actions de préservation de la biodiversité
  • Mise en œuvre de projets de restauration des mangroves et de protection des zones marines
  • Renforcer le dispositif de suivi-évaluation des PGES
  • Renforcer le dispositif de lutte anti-trafic d’espèces sauvages
  • Renforcer les systèmes d’alerte précoce multi-dangers dans les zones à risques

 

Le DIAG2 met aussi en avant la responsabilité de la société civile et des représentants des communautés locales et autochtones en matière de promotion des bonnes pratiques agricoles.

Public

  • Inciter les instances- politiques nationales et les dirigeants du secteur privé à prendre en compte les aspects de biodiversité dans tous leurs projets d’investissement et d’exploitation
  • Ne pas entamer un chantier d’infrastructures tant que tous les financements ne sont pas sécurisés afin d’éviter les suspensions de chantier/ruptures de contrat
  • Renforcer les dispositifs de suivi-évaluation des PGES

 

Privé

  • Introduction d’espèces de poissons adaptées dans les lacs de barrage
  • Recyclage des eaux usées et de collecte des eaux pluviales

 

Le DIAG2 met aussi en avant la responsabilité de la société civile et des représentants des communautés locales et autochtones en matière de sensibilisation aux impacts environnementaux des projets d’infrastructures.

Les scénarios identifiés lors du processus de dialogue sont les mêmes que les solutions envisagées, pour les secteurs agricole (filières hévéa, huile de palme, cultures vivrières mixtes) et des infrastructures (ports, routes, barrages).

Le cadre mondial Kunming-Montréal

4ème producteur mondial de cacao

avec une production de près de 300 000 tonnes/an (Mathé, S., Fofiri, E., Temple, L., 2021, Caractérisation du système sectoriel d’innovation du cacao au Cameroun)

Fiche pays IPPS

Après avoir appuyé les 15 pays dans l’identification des secteurs prioritaires, et facilité l’engagement des acteurs du privé en faveur de la biodiversité, BIODEV2030 s’appuie sur la dynamique créée pour décliner les engagements volontaires à l’échelle d’un territoire pilote, et pour renforcer l’intégration de la biodiversité dans les politiques publiques sectorielles des pays.

Les secteur ciblés pour la phase II sont la filière cacao ainsi que les plantations agro-industrielles (huile de palme, hévéa). Afin d’identifier les instruments de politiques publiques sectorielles (IPPS) les plus pertinents à créer, supprimer ou modifier, BIODEV2030 a sollicité le cabinet Altai Consulting. Cet appui entend ainsi contribuer à la mise en cohérence des politiques économiques, sectorielles (agriculture, mines, pêche, foresterie, etc.) et environnementales (notamment relatives à la biodiversité), aspect clé de l’approche mainstreaming. Cette intégration globale de la biodiversité permet d’éviter que les politiques économiques et sectorielles incitent les acteurs (producteurs) à adopter des pratiques productives néfastes pour la nature, entrant en contradiction avec les engagements biodiversité pris par un Etat.

Altai a ainsi développé des fiches dites « IPPS » pour chaque pays. La fiche Cameroun est disponible via le bouton ci-dessus.

 

Lors des ateliers nationaux, les Ministères se sont fortement impliqués, notamment avec les Ministère de l’Agriculture et du développement rural (MINADER) et de l’Environnement, de la Protection de la Nature et du Développement Durable (MINEPDED). Le Comité national permanent de la biodiversité pour la coordination de l’élaboration de la Stratégie et du Plan d’Action Nationaux pour la Biodiversité, créé en octobre 2023, sous l’autorité du MINEPDED, et dont la coordination est assurée par le Point Focal National Biodiversité, ont été intégrés aux échanges.

Les dialogues ont permis d’établir un projet d’arrêté pour renforcer la prise en compte de la biodiversité dans les Etudes d’Impacts Environnementaux et Sociaux (EIES), ainsi que des directives nationales pour l’élaboration des Plans de gestion de la biodiversité (PGB).

 

 

Notes de concept

Dans le but d’accompagner les acteurs de territoires pilotes (privés, publics, OSC) à définir collectivement des actions pour réduire les pressions sur la biodiversité, des projets de transition vers des pratiques nature-positive, voire de solutions fondées sur la nature, seront développés sur la base des actions de changement  identifiées durant le dialogue multipartite, puis portés auprès de financeurs potentiels.

Au Cameroun, le projet territorial se concentre sur le cacao durable et la valorisation des services écosystémiques pour la conservation de la biodiversité et le développement rural dans le paysage TRIDOM.

L’objectif général du projet est de soutenir la conservation communautaire de la biodiversité sur 10 000 ha de forêt et freiner la déforestation de 10% en 5 ans, en augmentant les revenus des populations autochtones et des communautés locales.

Les objectifs spécifiques sont les suivants :

  • OS1 Soutenir le développement de la chaîne de valeur cacao sans déforestation par les producteurs structurés et capacités
  • OS2 Appuyer la valorisation des services écosystémiques dans les forêts communautaires par la promotion des forêts communautaires de conservation à travers le paiement des services environnementaux
  • OS3 Accompagner les développements des alternatives économiques pour l’incitation à la conservation des écosystèmes forestiers par les populations autochtones et des communautés locales.

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