DES PISTES D’ENGAGEMENT VOLONTAIRE APPROUVEES AU SEIN DE PLATEFORMES MULTI-ACTEURS, SUR BASE D’UN DIAGNOSTIC SCIENTIFIQUE
4,5 HECTARES
Surface de forêts et zones boisées converties à d’autres usages depuis 1990, notamment pour l’agriculture et le charbon de bois (NFA, 2015)
269
nombre d’espèces menacées en 2020 selon la liste rouge de l’UICN. Il y en avait 248 en 2009
Menaces
Analyse STAR
L’Ouganda est l’un des 10 pays abritant le plus de biodiversité en Afrique (Butler, 2016). En effet, le pays compte 1 742 espèces connues de vertébrés terrestres, 4 816 espèces de plantes et plus de 600 espèces de poissons. Avec des paysages du pays alternant entre prairies et végétation alpine, il compte plus de 24 types de végétation naturelle différents.
Malgré la reconnaissance officielle de 722 zones protégées, la biodiversité ougandaise est en déclin depuis 1995. La raison de ces changements est principalement liée à l’utilisation des sols et des modifications de l’habitat. En effet, les écosystèmes terrestres et aquatiques subissent directement l’impact négatif des activités économiques. Des phénomènes tels que l’eutrophisation et la charge sédimentaire des cours d’eau surviennent régulièrement.
Les forêts centrales sont particulièrement vulnérables, comme en témoignent les forêts de Mabira et Bugoma à travers les plantations de canne à sucre. La dégradation de ces écosystèmes a des répercussions concrètes sur les services écosystémiques. Entre autres, les précipitations extrêmes ne sont plus suffisamment captées par les forêts, les bois ou les brousses. Les cycles hydrologiques sont également raccourcis dans certaines zones géographiques.
Historiquement, les activités illégales des communautés rurales combinées à des politiques gouvernementales contre-productives ont conduit à un développement rural incontrôlé et à des accès conflictuels aux ressources naturelles.
En Ouganda, le dialogue multi-acteurs a rassemblé les districts locaux et gouvernementaux, les organisations de la société civile, les entreprises, les confédérations agricoles et les instituts de recherche.
Les parties prenantes se sont réunies à plusieurs occasions : consultations en ligne, missions terrain sur quatre territoires ciblés (Kagombe, Misindi, Mubende, Mount Elgon), deux ateliers sectoriels nationaux et un atelier final de signature du « tableau des engagements ».
Lors des ateliers de dialogue, un cadre précis a été élaboré, sous forme de tableau pour structurer le contenu des EVs. Les participants ont été invités à rédiger eux-mêmes leurs propositions d’EVs.
Filières choisies et scénarios discutés
Agriculture
- Améliorer les pratiques agricoles en obtenant une certification d’agriculture durable pour les petits cultivateurs de thé ou de café, l’objectif étant que 200 000 hectares de plantations soient concernés par cette certification
- Gérer 100000 hectares de forêts de manière durable et les inclure dans la certification appropriée
- Restaurer les habitats dégradés au rythme de 50 km² par an
- Planter 10 million d’arbres indigènes chaque année.
Energie
- Développer une certification volontaire de label d’énergie durable
- Mettre en place des plantations de bois énergie
- Promouvoir et inciter à l’utilisation d’énergies alternatives comme l’éthanol, le GPL, le biogaz et les briquettes
- Promouvoir et installer des cuisinières écoénergétiques ou des équipements comme les autocuiseurs
- Introduire une régulation plus stricte sur l’utilisation du bois de chauffage des forêts naturelles, en particulier sur l’utilisation d’arbres indigènes par les institutions et les entreprises des principales villes ougandaises ; seul le bois mort pourra être utilisé.
Energie
19 structures ont proposé des EVs. Parmi elles, 9 les ont signés dont 3 districts locaux et gouvernementaux, un institut de recherche, deux entreprises du secteur privé, une fédération agricole, une agence gouvernementale et une organisation de la société civile.
- l’entreprise All Green Energy s’est engagée à installer 2000 cuisinières écoénergétiques en 4 ans;
- la fédération nationale des agriculteurs d’Ouganda s’est engagée à planter 2 million d’arbres indigènes et à assurer la régénération de 500 000 arbres;
- l’association Youth Go Green s’est engagée à installer 50000 cuisinières au biochar.
Agriculture
16 structures ont proposé des EVs. Parmi elles, 8 les ont signés dont 4 districts locaux et gouvernementaux, un institut de recherche, une entreprise du secteur privé, une fédération agricole et une agence gouvernementale. Par exemple:
- le district local et gouvernemental de Kagadi s’engage à restaurer 10 hectares de terre (en-dehors des zones protégées de Kagombe et Bugoma) en 4 ans;
- l’entreprise de production de bières Nile Breweries Limited s’engage à réduire son utilisation d’eau de 35% par litre de bière produit et à utiliser sa station de traitement de l’eau pour l’intégralité des eaux usées.
Commun aux deux secteurs
- Lors des ateliers de dialogue, un cadre précis a été élaboré, sous forme de tableau pour structurer le contenu des EVs. Les participants ont été invités à rédiger eux-mêmes leurs propositions d’EVs.
- Le tableau distribué comprenait notamment les mentions suivantes : objectifs quantifiés, actions à mettre en œuvre, critères de suivi, jalons temporels, organisation focale responsable et ressources financières nécessaires.
- Au-delà du contenu des EVs, les signataires s’engageaient à intégrer la biodiversité dans le fonctionnement de leur structure et dans leur stratégie.