Mozambique

DES PISTES D’ENGAGEMENT VOLONTAIRE DISCUTEES AU SEIN DE PLATEFORMES MULTI-ACTEURS, SUR BASE D’UN DIAGNOSTIC SCIENTIFIQUE

5 957 espèces

évaluées dont 291 endémiques

644 espèces

menacées dont 143 endémiques selon la Liste rouge des espèces menacées de l'UICN (2021-1)

- 11 100 ha

de forêt primaire humide entre 2002 et 2020

MENACES

(source : Liste rouge de l'UICN 2021-1)

Utilisation des ressources biologiques - Pêche et récolte des ressources aquatiques pour la subsistance
Développement résidentiel et commercial - logements et zones urbaines
Utilisation des ressources biologiques - Pêche et récolte des ressources aquatiques : effets non intentionnels
Pollution - Effluents agricoles et forestiers

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Situé sur la côte sud-est de l’Afrique, le Mozambique se situe majoritairement sous les tropiques. Par conséquent, une grande partie du littoral est soumise à l’influence saisonnière régulière des pluies de mousson de l’océan Indien. L’arrière-pays du Mozambique, composé de montagnes, culmine au Monte Binga (2436 mètres) à Chimanimani, dans la province de Manica. Divisé en 14 écorégions, le pays possède trois concentrations géographiques de biodiversité : les forêts côtières d’Afrique orientale, le Maputaland-Pondoland-Albany et l’Afromontagne orientale. Avec plus de 100 bassins fluviaux et réserves souterraines, le Mozambique dispose d’abondantes ressources en eau. De plus, la savane côtière inondée du Zambèze est une écorégion unique. Selon les estimations nationales, le Mozambique abrite environ 5 500 espèces de flore et 4 271 espèces de faune terrestre, dont 72 % d’insectes , 17 % d’oiseaux, 5 % de mammifères et 4 % de reptiles, dont un certain nombre sont endémiques. Les 29 zones clés pour la biodiversité (terrestre et marine), identifiées et validées sur le territoire, attestent de la richesse de la biodiversité mozambicaine.

Le littoral, long de 2 700 km, compte de nombreuses plaines, où les récifs coralliens, les mangroves et les herbiers marins constituent des habitats marins et côtiers majeurs. 17 poissons et de nombreux mammifères marins sont endémiques du Mozambique, notamment le dugong, 7 espèces de dauphins, des baleines à bosse, 77 espèces de coraux hermatypiques et 5 espèces de tortues, qui contribuent tous de manière significative à l’attraction touristique du pays. Le littoral abrite également trois ports maritimes profonds dans les villes de Nacala (nord), Beira (centre) et Maputo (sud), stratégiques pour le commerce et le développement régional.

La biodiversité du pays génère aux Mozambicains des avantages certains notamment en termes de fourniture de bois de chauffage, de meubles, l’approvisionnement et la purification de l’eau, la fertilité des sols et la protection contre les inondations. En outre, la plupart des médicaments traditionnels et modernes, utilisés au Mozambique, sont dérivés de plantes sauvages, d’animaux, de champignons et de bactéries. Avec une économie s’appuyant principalement sur l’agriculture, qui emploie 70 % de la population, les plus grands défis environnementaux du Mozambique se concentrent autour de la recherche de solutions écologiquement durables aux conséquences de l’exploitation humaine, notamment la dégradation des terres, l’érosion des sols, la réduction de la fertilité des sols, la déforestation, la dégradation des zones humides, la surexploitation de la biodiversité et la pollution. L’utilisation durable des ressources aquatiques, essentielles pour la subsistance des Mozambicains, est également un défi majeur pour le pays.

Accès à la fiche IBAT

Au Mozambique, le processus de négociation des engagements volontaires a mobilisé différents acteurs selon le secteur.

Pour les filières soja et canne à sucre, deux ateliers régionaux ont été organisés, respectivement à Guruè et Maputo, rassemblant les entreprises, le secteur public, des universitaires, la société civile et des acteurs financiers.

Trois ateliers multisectoriels ont également permis de discuter avec les acteurs financiers, de restituer le diagnostic 2 et de partager les engagements discutés en clôture.

Pour les filières crabe et crevette, un atelier régional a été organisé à Beira City, rassemblant les entreprises, le secteur public, des universitaires, la société civile et des acteurs financiers.

Pour les filières sables lourds et gaz, deux ateliers régionaux ont été organisés, respectivement à Quelimane et Maputo, avec les mêmes parties prenantes que sur les autres filières, hormis les représentants du monde académique.

Filières choisies et scénarios discutés

  • Utilisation de nouveaux fertilisants, construction de barrages, utilisation de nouvelles variétés de cultures
  • Renforcement des structures locales
  • Intégration des petites exploitations dans la chaîne de valeur : sensibilisation aux pratiques agricoles durables
  • Apaiser les conflits fonciers entre entreprises privées et communautés locales

Intégration des communautés côtières aux programmes de sensibilisation sur les questions environnementales

Favoriser l’utilisation de filets sélectifs

Mise en place effective d’une période d’interdiction de pêche et d’une taille minimale de poisson pêché.

  • Mise en place par les entreprises du secteur d’un système de gestion environnementale (EMP) inscrit dans le cadre légal et objet d’évaluation de performance
  • Promotion des bonnes pratiques internationales concernant l’impact de l’industrie  minière et du gaz sur la biodiversité.

Les solutions identifiées par les parties prenantes

Retrouvez ci-dessous le contenu des piste d’engagement volontaire obtenues au Mozambique.

Soja

L’entreprise de transformation d’aliments pour animaux Manmart pourrait former les agriculteurs du district de Guruè aux techniques de production de soja respectueuses de l’environnement et acquérir en contrepartie la production des agriculteurs qui se conforment à ces standards.

Canne à sucre

L’entreprise sucrière Companhia de Sena pourrait acquérir de nouvelles terres dans le district de Marromeu qui seront exploitées selon les pratiques durables et en collaboration avec les communautés locales.

  • L’entreprise Pescamar pourrait pousser les différents acteurs de la pêche du banc de Sofala à intégrer les standards de biodiversité pour la pêche. Par ailleurs, Pescamar pourrait créer une structure chargée de vérifier que les standards sont bien appliqués et pourrait soutenir les initiatives gouvernementales dans l’aquaculture.
  • Les pêcheurs souhaitant exporter leur prise à l’étranger devraient s’aligner sur les standards internationaux de biodiversité.
  • Des entreprises nationales conscientes des enjeux environnementaux et capables de se conformer aux normes de production environnementales seraient identifiées.
  • Ces entreprises pourraient ensuite adopter de nouvelles valeurs fondées sur la conservation de la biodiversité, le développement économique local et la transmission de ces valeurs aux consommateurs.
  • Ces engagements auraient pour but de réduire les pressions sur la biodiversité et regénérer les écosystèmes.

Le cadre mondial Kunming-Montréal

86 % de la déforestation

sont dus aux pratiques de cultures sur brûlis (Paul Fauvet, Mozambique losing 267,000 hectares of forest a year, Agencia de Informaçao de Moçambique, 29 July 2024)

Fiche pays IPPS

Notes de politiques publiques

Après avoir appuyé les 15 pays dans l’identification des secteurs prioritaires, et facilité l’engagement des acteurs du privé en faveur de la biodiversité, BIODEV2030 s’appuie sur la dynamique créée pour décliner les engagements volontaires à l’échelle d’un territoire pilote, et pour renforcer l’intégration de la biodiversité dans les politiques publiques sectorielles des pays.

Les secteurs ciblés pour la phase II sont les filières soja, canne à sucre, la pêche crevettière et de crabes, ainsi que les mines. Afin d’identifier les instruments de politiques publiques sectorielles (IPPS) les plus pertinents à créer, supprimer ou modifier, BIODEV2030 a sollicité le cabinet Altai Consulting. Cet appui entend ainsi contribuer à la mise en cohérence des politiques économiques, sectorielles (agriculture, mines, pêche, foresterie, etc.) et environnementales (notamment relatives à la biodiversité), aspect clé de l’approche mainstreaming. Cette intégration globale de la biodiversité permet d’éviter que les politiques économiques et sectorielles incitent les acteurs (producteurs) à adopter des pratiques productives néfastes pour la nature, entrant en contradiction avec les engagements biodiversité pris par un Etat.

Altai a ainsi développé des fiches dites « IPPS » pour chaque pays. La fiche Mozambique est disponible via le bouton ci-dessus.

 

Les réformes priorisées dans les secteurs de l’agriculture et de la pêche concernent :

  • la révision du décret formalisant les procédures suivies par les études d’impacts environnementaux des projets;
  • la révision de la loi sur les déductions et exemptions fiscales afin de favoriser les activités d’intérêt public;
  • la mise en place de zonages pour les parcelles de production d’oléagineux ;
  • la validation de la réglementation sur les semences.

Notes de concept

Dans le but d’accompagner les acteurs de territoires pilotes (privés, publics, OSC) à définir collectivement des actions pour réduire les pressions sur la biodiversité, des projets de transition vers des pratiques nature-positive, voire de solutions fondées sur la nature, seront développés sur la base des actions de changement  identifiées durant le dialogue multipartite, puis portés auprès de financeurs potentiels.

Le projet pilote au Mozambique sera développé dans la vallée du Zambèze.

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