DES PISTES D’ENGAGEMENT VOLONTAIRE DISCUTEES AU SEIN DE PLATEFORMES MULTI-ACTEURS, SUR BASE D’UN DIAGNOSTIC SCIENTIFIQUE
- 573 HA
de forêts perdues à cause des infrastructures minières en 2019
2,17%
de la biodiversité terrestre est considérée comme vulnérable
MENACES MONDIALES LES PLUS IMPORTANTES :
Source : IBAT
Faisant partie du Plateau des Guyanes et du biome amazonien, le Guyana jouit d’une riche biodiversité, avec 8 000 espèces de plantes et 3 500 espèces de faune. Riche de son endémisme, près de 60% des forêts du Guyana sont considérées comme des forêts primaires. Plus de 1 260 espèces d’amphibiens, d’oiseaux, de mammifères et de reptiles habitent aujourd’hui ces forêts. De plus, trois écorégions d’eau douce ont été identifiées au Guyana. Notamment l’écorégion d’Essequibo, un important corridor biologique relié au bassin de l’Amazone.
La biodiversité du Guyana contribue fortement à l’économie du pays. À la fois directement et indirectement, elle fournit des biens et des services nécessaires à la croissance et au développement du pays. Par exemple, la valeur des exportations de produits forestiers était estimée à 37,9 millions de dollars US en 2018.
Cependant, en 2013, 95% des revenus en devises étrangères étaient le résultat de l’exploitation des ressources naturelles et de la biodiversité : des activités exerçant une forte pression anthropique sur le territoire biogéographique néo-tropical. En effet, l’agriculture (principalement concentrée dans le Nord-Est), l’exploitation minière ou encore les opérations pétrolières et gazières en mer entraînent la déforestation, l’érosion côtière, la contamination des cours d’eau et la fragmentation des paysages. Les fonctions écologiques des écosystèmes tendent à être largement endommagées et affaiblies sur le long terme.
Au Guyana, le processus de négociation des engagements volontaires s’est traduit par un atelier d’une journée en ligne pour proposer des actions à mettre en œuvre, ainsi que par un atelier d’une demi-journée pour voter des actions prioritaires issues de la première journée de consultation. Ces ateliers ont mobilisé des représentants de la recherche, du secteur public, et des organisations de la société civile. Le secteur privé n’était pas présent.
Pour le secteur des mines (or), des réunions bilatérales ont été organisées avec les représentants du secteur public, Guyana Gold and Diamond Miners Association, ainsi que des représentants de communautés indigènes.
Pour le secteur agricole (riz et canne à sucre), des réunions bilatérales avec les représentants du secteur public, la Guyana Sugar Corporation (GuySuCo), le Pesticides and Toxic Chemicals Board, et des représentants des communautés indigènes.
Filières choisies et scénarios discutés
Mines (or)
- S’assurer que 50% des mineurs (toutes catégories) appliquent la règlementation en vigueur d’ici 2030
- Réduire le taux de déforestation et augmenter le taux de reforestation grâce à la réhabilitation des sites excavés et des actions de reforestation
- Réduire de 50% l’utilisation de mercure et de cyanure chaque année
Agriculture (riz et canne à sucre)
Riz :
- Augmentation de l’utilisation de biopesticides de 50% d’ici 5 ans, et de 100% d’ici 10 ans
- Plan de gestion des nuisibles mis en œuvre par 30% des riziculteurs d’ici 5 ans et par 100% des riziculteurs d’ici 10 ans
- Éviter les effets néfastes du brûlage des résidus de culture sur la qualité de l’air, les sols et les émissions de gaz à effet de serre
- Améliorer la gestion de la ressource en eau
Canne à sucre :
- Réduction de l’utilisation de pesticides, herbicides et engrais chimiques
- Augmentation de la sensibilisation des consommateurs
- Réduire l’utilisation de plastique pour le packaging
Les solutions identifiées par les parties prenantes
Retrouvez ci-dessous le contenu des piste d’engagement volontaire discutées au Guyana :
Mines (or)
- Renforcer l’application de la règlementation minière pour que 50% des mineurs soient en conformité d’ici 2030
- Développer la recherche en faveur de technologies plus efficaces et plus respectueuses de l’environnement
- Élaboration d’un mécanisme de certification qui attesterait de techniques d’exploitation sans mercure ni cyanure
Agriculture (riz & canne à sucre)
Riz
- Réduction de l’utilisation de produits agrochimiques: 30% des riziculteurs adoptent des programmes de biocontrôle d’ici 5 ans et 100%d ’ici 10 ans
- Utilisation de biopesticides et biofertilisants par 50% des riziculteurs d’ici 5 an set 100% d’ici 10 ans
- Utilisation de compost pour augmenter le sol et prévenir l’érosion
- Mise en place d’une gestion adéquat de la ressource en eau
Canne à sucre
- Utilisation de biopesticides et biofertilisants et poursuivre l’expansion du programme de biocontrôle
- Sensibilisation des populations aux enjeux de biodiversité
- Eviter l’écoulement direct des champs de canne à sucre vers les cours d’eau
- Réduire l’utilisation de produits chimiques