Fidji

DES PISTES D’ENGAGEMENT VOLONTAIRE APPROUVEES AU SEIN DE PLATEFORMES MULTI-ACTEURS, SUR BASE D’UN DIAGNOSTIC SCIENTIFIQUE

2 963 espèces

évaluées dont 431 endémiques

361 espèces

menacées dont 184 endémiques selon la Liste rouge de l'UICN des espèces menacées (2021-1)

MENACES

(source : Liste rouge de l'UICN 2021-2)

Développement résidentiel et commercial - logements et zones urbaines
Agriculture et Aquaculture - Cultures non ligneuses - Petites exploitations agricoles
Production d'énergie et exploitation minière - exploitation minière et carrière
Agriculture et Aquaculture - cultures non ligneuses - agriculture agro-industrielle
Utilisation des ressources biologiques - exploitation forestière et récolte de bois : utilisation non intentionnelle

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Les Fidji sont un archipel composé de plus de 332 îles situées dans l’océan Pacifique occidental. Les deux îles principales, Viti Levu et Vanua Levu, représentent 85 % de la surface terrestre globale et sont habitées par plus de 90 % de la population totale. Environ 56 % des terres sont occupées par des forêts et 23 % par l’agriculture. Les Fidji ont un climat maritime tropical avec des précipitations très variables, une saison humide de novembre à avril et une saison sèche de mai à octobre. Le pays est un carrefour incontournable de la biodiversité de Polynésie-Micronésie, figurant parmi les 36 hauts lieux de concentration de biodiversité dans le monde. Une grande partie de cette biodiversité est d’ailleurs endémique des Fidji : plus de 50 % des plantes et des oiseaux, plus de 90 % de certains groupes d’insectes, tels que les cigales et les insectes marins et près de 2 600 plantes vasculaires, dont 1 600 sont indigènes.

Les Fidji offrent également une importante diversité d’habitats marins, notamment des estuaires, des herbiers marins, des macroalgues, des rivages meubles protégés et exposés, des lagons, des récifs coralliens… Par ailleurs, le pays possède la troisième plus grande superficie de mangroves dans la région des îles du Pacifique (517 km²). Les chercheurs ont jusqu’à présent identifié plus de 2 000 espèces de poissons, plus de 1 000 invertébrés marins et environ 1 000 récifs coralliens. Alors que bon nombre de ces espèces sont répandues dans toute la région du Pacifique, entraînant un endémisme relativement faible, elles constituent une composante importante de la biodiversité nationale des Fidji et une ressource majeure pour les communautés locales, mais sont actuellement menacées par leur surexploitation et les externalités agricoles et forestières.

Près de la moitié de la superficie totale des Fidji est boisée tandis que des prairies sèches, réparties dans les zones occidentales des grandes îles, équilibrent l’écosystème. La couverture forestière a augmenté au cours des dernières décennies avec le développement des plantations. La forêt fidjienne se compose de 526 453 ha de forêt indigène, 76 171 ha de pinède et 54 000 ha de forêt d’acajou. Le taux de conversion des forêts naturelles en plantations monospécifiques exotiques et pour d’autres usages agricoles doit être encadré et réglementé, en mettant l’accent sur le rôle de la forêt dans la protection des bassins versants, des cours d’eau, des ressources du sol et de la biodiversité. Le déclin, la réduction de la qualité et la fragmentation des habitats forestiers indigènes dues aux activités humaines représentent une menace majeure pour la biodiversité endémique des Fidjis.

Accès à la fiche IBAT

Aux Fidji, le dialogue multi-acteurs s’est déroulé dans la province de Cakaudrove et s’est structuré de manière différente selon le secteur.

Pour la filière kava, le dialogue a été marqué par quatre temps forts.

Une réunion de haut niveau a été organisées avec les secrétaires permanents des Ministères de l’Agriculture, des Pêcheries et des Forêts. Deux ateliers de dialogue sectoriels réunissant des représentants du secteur public aux niveaux national, provincial et districts, du secteur privé (agriculteurs, entreprises), de la société civile et des chefs traditionnels et du secteur financier ont permis la visite de « fermes modèles ». Un atelier de célébration des engagements volontaire a finalement réuni les acteurs engagés dans le processus, aux côtés des médias.

Pour la pêche côtière, des missions d’information et de sensibilisation ont été menées, mais le dialogue n’a pas été formellement structuré. Deux ateliers avec des institutions financières locales ont été organisés.

Filières choisies et scénarios discutés

  • Financement, élaboration et mise en œuvre de campagnes de sensibilisation ciblant le secteur du kava ; intégration de la sensibilisation dans les plans à l’échelle de la province, du district et du village
  • Établissement d’un groupe de travail technique composé de spécialistes de la SIG pour développer un système de suivi satellitaire du couvert forestier
  • Accroissement de la recherche sur les techniques durables de production de kava
  • Étude de faisabilité d’un système de certification
  • Renforcement des mécanismes de criblage environnemental pour l’obtention de prêts agricoles
  • Renforcer la reconnaissance des Key Biodiversity Areas (KBA)dans les plans d’aménagement agricole
  • Structuration de la filière en coopérative
  • Mise en place d’une gestion communautaire des pêcheries
  • Mise en place d’un système de certification
  • Application de la loi sur la gestion des pêcheries côtières
  • Conditionnement des prêts bancaires au respect de pratiques durables

Les solutions identifiées par les parties prenantes

Retrouvez ci-dessous le contenu des piste d’engagement volontaire obtenues aux Fidji.

Péninsule de Natewa/Tunuola :

  • Élaboration d’un Master plan de gestion des terres d’ici 2023
  • Mise en œuvre d’une gestion intégrée du Programme de Réhabilitation du Paysage par la plantation de Drala, essences indigènes et arbres fruitiers d’ici 2025
  • Entamer la réhabilitation de 30% des terres inutilisées
  • Renforcement des capacités des acteurs d’ici 2025

 

Ile de Taveuni :

  • Reforestation : planter 600 arbres d’ici 2028
  • Cessation de la déforestation d’ici 2028
  • Réduction de l’usage de produits chimiques d’ici 2028
  • Adoption de pratiques agricoles durables (exemple :cultures mixtes d’ici 2028)

 

Ile de Qamea :

  • Restauration de la forêt à son état originel
  • Planter 11500 arbres d’ici 2030
  • D’ici 2028, réhabilitation des zones abandonnées par la plantation d’arbres

Pas d’engagements volontaires obtenus

Le cadre mondial Kunming-Montréal

83 % de la population rurale

dépendent de l'agriculture (World Bank, DataBank, World Development Indicators, Fiji Agriculture value added)

Fiche pays IPPS

Notes de politiques publiques

Après avoir appuyé les 15 pays dans l’identification des secteurs prioritaires, et facilité l’engagement des acteurs du privé en faveur de la biodiversité, BIODEV2030 s’appuiera sur la dynamique créée pour décliner les engagements volontaires à l’échelle d’un territoire pilote, et pour renforcer l’intégration de la biodiversité dans les politiques publiques sectorielles des pays.

Les secteurs ciblés pour la phase II sont la pêche côtière et la filière kava, dans la Péninsule de Natewa/Tunuola, l’île de Taveuni et l’île de Qamea. Afin d’identifier les instruments de politiques publiques sectorielles (IPPS) les plus pertinents à créer, supprimer ou modifier, BIODEV2030 a sollicité le cabinet Altai Consulting. Cet appui entend ainsi contribuer à la mise en cohérence des politiques économiques, sectorielles (agriculture, mines, pêche, foresterie, etc.) et environnementales (notamment relatives à la biodiversité), aspect clé de l’approche mainstreaming. Cette intégration globale de la biodiversité permet d’éviter que les politiques économiques et sectorielles incitent les acteurs (producteurs) à adopter des pratiques productives néfastes pour la nature, entrant en contradiction avec les engagements biodiversité pris par un Etat.

Altai a ainsi développé des fiches dites « IPPS » pour chaque pays. La fiche Fiji est disponible via le bouton ci-dessus.

 

Les Ministères de l’Environnement, des Pêcheries, des Forêts ainsi que le Ministère de l’Environnement et celui des Affaires iTaukei ont participé au cadrage des ateliers nationaux pour la phase II du projet. Les réformes identifiées par le dialogue vont permettre d’alimenter la révision de la Stratégie Biodiversité des Fidji, notamment via une analyse des besoins en termes de réformes politiques pour l’intégration de la biodiversité dans les secteurs de l’agriculture et de la pêche. Les pistes d’action mises en avant incluent le renforcement de la gestion des Aires Marines Protégées et l’augmentation de la certification des filières kava par des incitations fiscales.

Notes de concept

Dans le but d’accompagner les acteurs de territoires pilotes (privés, publics, OSC) à définir collectivement des actions pour réduire les pressions sur la biodiversité, des projets de transition vers des pratiques nature-positive, voire de solutions fondées sur la nature, seront développés sur la base des actions de changement  identifiées durant le dialogue multipartite, puis portés auprès de financeurs potentiels.

Deux projets pilotes ont été développés aux Fidji : un pour la filière kava, et un pour la filière aquaculture, avec une forte implication des communautés locales.

 

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