Madagascar

DES PISTES D’ENGAGEMENT VOLONTAIRE APPROUVEES AU SEIN DE PLATEFORMES MULTI-ACTEURS, SUR BASE D’UN DIAGNOSTIC SCIENTIFIQUE

44%

de perte du couvert forestier en 60 ans

30%

de perte estimée des espèces de Madagascar avant la fin du XXIe siècle au rythme actuel

26 000km²

de forêts denses humides de moyenne altitude de l'Est hébergent 11 espèces de lémuriens dont 8 menacées d'extinction.

MENACES :

Source : Etude STAR conduite par l'UICN

Cultures annuelles et pérennes non-ligneuses
Elevage
Chasse et collecte d'animaux terrestres
Exploitation forestière et récolte du bois
Espèces invasives et autres gènes résistants

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Considérée comme l’un des 17 états méga divers de la planète, l’île de Madagascar est un hotspot de biodiversité mondiale avec un taux d’endémisme d’espèces végétales et animales oscillant entre 80 et 100%. Les écosystèmes malgaches recensent les trois quarts du nombre estimé d’espèces dans le monde et 80% des espèces de plantes vasculaires endémiques.

Sur le territoire, les forêts naturelles, dont 50% de forêts humides, représentent des enjeux majeurs pour l’approvisionnement des populations locales en ressources. Ses 2 100 km² de mangroves font de l’état insulaire la deuxième plus grande étendue de mangrove de l’Océan Indien occidental et offrent de nombreux services éco-systémiques, notamment au regard de la stabilisation des côtes, la séquestration de carbone et la présence d’habitats pour les espèces endémiques marines.

L’accroissement démographique, la surexploitation des ressources et la fragmentation des milieux (issus de phénomènes naturels et des activités anthropiques directes), impactent de manière croissante la connectivité de ces écosystèmes, la morphologie des cours d’eau et l’hydrologie des sols.

Accès à la fiche IBAT

A Madagascar, le processus de dialogue s’est traduit par trois temps forts : un à deux ateliers de dialogue sectoriel pour l’identification des engagements volontaires, des réunions avec les représentants des secteurs privé et public, et une réunion multi-acteurs sur la définition de projets bancable.

Pour l’ensemble des secteurs identifiés (pêche, agriculture et mines), les ateliers de dialogue ont mobilisé les représentants du public, du secteur privé, de la société civile, ainsi que les Partenaires Techniques et Financiers. Des acteurs issus de la recherche ont également pris part aux ateliers organisés pour les secteurs pêche et agriculture.

Le secteur de la pêche s’est particulièrement mobilisé, avec la tenue de trois réunions en présence des représentants des secteurs privé (faitière), public et de la petite pêche.

Filières choisies et scénarios discutés

D’ici à 2030, le stock de crevettes est géré de manière durable suivant le principe de pêche responsable :

  • Développer une pêche éco-certifiée MSC
  • Réduire la capture de poissons accessoires
  • Restaurer les mangroves
  • Réduire la pêche illégale, non-déclarée, non-règlementée
  • Réduction de la déforestation due à la culture du maïs dans le sud-ouest du pays : amélioration des techniques agricoles, amélioration de la gestion des permis de défrichement
  • Engagement des grands producteurs de maïs : promotion d’une culture de maïs respectueuse de la biodiversité ; restauration des terres
  • Engagement des transformateurs de maïs : amélioration de la traçabilité des produits pour garantir un maïs sans pesticide et non-issu de la déforestation
  • Sensibilisation du grand public pour changer le comportement des acheteurs

D’ici à 2030, 100% des aires protégées à Madagascar sont exemptes d’exploitations aurifères.

Secteur public

  • D’ici à 2025, un plan de financement durable de contrôle et surveillance en mer est mis en place
  • D’ici à 2030, le niveau d’infraction sera réduit significativement et plus de 50% des pêcheurs n’utiliseront que des matériels de pêche règlementés

 

Sociétés de pêche industrielle

Le groupement des exploitants industriels souhaite consolider les informations, communiquer et rendre publics les efforts réalisés en vue d’améliorer les modalités de mise en œuvre de ces engagements.

 

Petits pêcheurs

  • D’ici 2030, plus de 50% des pêcheurs utilisent uniquement des matériels de pêche règlementés
  • Augmentation de la surveillance contre la mauvaise pratique de pêche à travers le Comité de Contrôle et de Surveillance (CCS)
  • D’ici 2030, 100% de l’achat du maïs non-issu de la déforestation dans la région pilote identifiée (Menabe, Boeny)
  • D’ici 2050, 100% de l’achat du maïs non-issu de la déforestation au niveau national et au-delà

D’ici à 2030, les acteurs publics s’engagent à une formalisation effective des acteurs et à une meilleure traçabilité des produits de la filière or dans 2 sites pilotes dans le cadre de la transition vers l’approvisionnement en or juste et responsable.

Le cadre mondial Kunming-Montréal

5,7 % des exportations

sont issus de la pêche crevettière, "or rose" de Madagascar (2020 - MPEB, Données et statistiques)

Fiche pays IPPS

Notes de politiques publiques

Après avoir appuyé les 15 pays dans l’identification des secteurs prioritaires, et facilité l’engagement des acteurs du privé en faveur de la biodiversité, BIODEV2030 s’appuie sur la dynamique créée pour décliner les engagements volontaires à l’échelle d’un territoire pilote, et pour renforcer l’intégration de la biodiversité dans les politiques publiques sectorielles des pays.

Le secteur ciblé pour la phase II est la filière pêche industrielle à la crevette. Afin d’identifier les instruments de politiques publiques sectorielles (IPPS) les plus pertinents à créer, supprimer ou modifier, BIODEV2030 a sollicité le cabinet Altai Consulting. Cet appui entend ainsi contribuer à la mise en cohérence des politiques économiques, sectorielles (agriculture, mines, pêche, foresterie, etc.) et environnementales (notamment relatives à la biodiversité), aspect clé de l’approche mainstreaming. Cette intégration globale de la biodiversité permet d’éviter que les politiques économiques et sectorielles incitent les acteurs (producteurs) à adopter des pratiques productives néfastes pour la nature, entrant en contradiction avec les engagements biodiversité pris par un Etat.

Altai a ainsi développé des fiches dites « IPPS » pour chaque pays. La fiche Madagascar est disponible via le bouton ci-dessus.

Les ateliers nationaux rassemblent le Ministère de la Pêche et de l’Economie bleue (MPEB), notamment la Direction Générale de la Pêche et de l’Aquaculture, ainsi que le Ministère de l’Environnement et du Développement Durable (MEDD). Par ailleurs, WWF Madagascar travaille avec le Groupement des Aquaculteurs et Pêcheurs de crevettes de Madagascar (GAPCM).

Les réformes visées sont les suivantes :

  • Renforcer les cadres de coordination entre le MEDD et le MPEB sur la gestion des mangroves et apporter du soutien technique et financier pour la mise en place de modes de gestion durable des mangroves par les communautés.
  • Harmoniser le cadre relatif aux différents outils (GELOSE, TGRH, LMMA, APGL) sur la base de cadre juridique existant.
  • Revoir les règles d’affectation des redevances versées par la pêche crevettière industrielle en application de l’article 167 du Code de la pêche et de l’aquaculture, ainsi que ses mises en œuvre effectives. (rediscuter et ré-évoquer pendant plusieurs réunions et prioritaire pour le secteur privé).

Le projet a également contribué à l’atelier régional sur la révision du Code de la Pêche et de l’Aquaculture.

Des synergies avec le projet Varuna, également coordonné par Expertise France et mis en œuvre dans l’Océan Indien, sont envisagées.

Notes de concept

Dans le but d’accompagner les acteurs de territoires pilotes (privés, publics, OSC) à définir collectivement des actions pour réduire les pressions sur la biodiversité, des projets de transition vers des pratiques nature-positive, voire de solutions fondées sur la nature, seront développés sur la base des actions de changement  identifiées durant le dialogue multipartite, puis portés auprès de financeurs potentiels.

A Madagascar, le projet pilote se concentre sur la région de Menabe. Visant à instaurer une Pêche Crevettière Durable, il poursuit notamment les résultats suivants :

  1. Les rendements de la pêcherie crevettière sont améliorés pour supporter d’une manière durable les moyens de subsistance des acteurs de la filière ;
  2. L’état de santé des mangroves dans le site d’intervention du projet est amélioré par rapport en état actuel pour garantir à long terme les services éco systémiques qu’elles fournissent.

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