DES PISTES D’ENGAGEMENT VOLONTAIRE APPROUVEES AU SEIN DE PLATEFORMES MULTI-ACTEURS, SUR BASE D’UN DIAGNOSTIC SCIENTIFIQUE
3 232 ESPÈCES
évaluées dont 25 endémiques
172 ESPÈCES
menacées dont 13 endémiques selon la Liste Rouge de l'UICN (2021-1)
Menaces
L’enjeu : s’attaquer aux causes de l’érosion de la biodiversité au Sénégal
Le Sénégal est une frontière écologique où convergent prairies semi-arides, front de mer et forêt tropicale humide, avec un large éventail de régions bioclimatiques. Le climat du Sénégal est sahélien, avec une saison des pluies de juin à octobre, et le pays est baigné par les quatre grands fleuves – dont le bassin couvre 37% du pays. Le Sénégal compte 46% des ses terres consacrées à l’agriculture et 16% considérées comme arables (cultivables dans des conditions pluviales). Les forêts couvrent 42% de la superficie totale des terre et le pays compte également 1049 kilomètres carrés de dunes de sable le long de sa côte et environ 4000 kilomètres carrés d’estuaires et de vasières.
Cette situation géographique a doté le Sénégal d’une grande biodiversité. Bien que de grands mammifères aient disparu de la partie ouest du pays, après avoir été déplacés par des établissements humains, des animaux tels que des éléphants, des antilopes, des lions, des panthères, des guépards et des chacals peuvent encore être rencontrés dans le parc national du Niokolo Koba – un site du patrimoine mondial – dans la partie orientale du pays. Le sanctuaire national d’oiseaux du Djoudj, site du patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1981, contient plus d’un million d’oiseaux, dont la spatule africaine, le héron pourpré, le pélican blanc et le cormoran. Le parc national de la Basse Casamance, situé dans la partie sud-ouest du pays, abrite hippopotames, léopards, crocodiles et buffles d’eau.
Le Plan national d’action et de biodiversité du Sénégal identifie plusieurs activités comme les principaux moteurs de la perte de biodiversité. Parmi eux, la destruction et la fragmentation de l’habitat dues à l’urbanisation, le développement des infrastructures (barrages), les feux de brousse, la surexploitation des ressources naturelles (notamment la pêche illégale, non réglementée et non déclarée), la déforestation, le surpâturage et le braconnage, les espèces exotiques envahissantes, la pollution (eau, sol et air), le changement climatique et les intempéries, l’érosion côtière, et la salinisation et l’acidification sont d’autant de menaces pour la biodiversité sénégalaise.
Au Sénégal, le processus de négociation des engagements volontaires a eu lieu au niveau de la région de Thiès.
Pour les filières pêche et agriculture, cinq ateliers locaux ont été organisés sous la forme de jeux sérieux grâce à l’outil Terristories®. Cette démarche innovante de facilitation du dialogue a abouti à l’émergence d’une dynamique multi acteurs autonome pour le suivi et l’enrichissement progressif des engagements locaux.
Ces cinq ateliers ont été complétés par un atelier de dialogue national et régional à Dakar, ainsi que par un atelier de restitution dans la région de Thiès. Ils ont rassemblé les autorités locales et nationales, les faîtières et organisations de producteurs, ainsi que plusieurs organisations locales issues de la société civile. En tout, quatorze représentants des secteurs de la pêche et de l’agriculture ont participé au dialogue. L’atelier de dialogue organisé à Dakar a par ailleurs mobilisé un représentant de l’administration minière.
Filières choisies et scénarios discutés
Pêche
- D’ici 2030, renouvellement des stocks grâce à la surveillance, les démarches participatives, et les plans d’aménagement
- D’ici 2030, réduction significative de la surpêche par la mise en place de conventions locales et de cogestion
Agriculture
Horticulture
D’ici 2030, généralisation des intrants organiques par la formation/sensibilisation; et amélioration de la fertilité des sols par de la restauration utilisant des techniques de gestion durable des terres
Grandes cultures
D’ici 2030,porter l’augmentation des couverts végétaux à 38000 ha par l’agroforesterie et la régénération naturelle ; et par la subvention des engrais organiques et actualisation de leurs protocoles d’utilisation
Elevage
D’ici 2030, généralisation des cultures fourragères comme principale source d’alimentation du bétail par la promotion de ces cultures et le renforcement de ces cultures (variétés, etc.)
Mines
D’ici 2030, restauration des habitats et régénération de la biodiversité par la réhabilitation des sites et les innovations technologiques et la réduction des pressions
Pêche
- Ne pas exploiter les juvéniles, respecter la période de repos et le code de la pêche
- Informer, sensibiliser, former les pêcheurs aux méthodes de pêche durable : hygiène, sécurité en mer, qualité et gestion
- Assurer la surveillance interne et l’application du code de la pêche
(Enabling conditions –EC)
- Diminuer les licences de pêche industrielle
- Mettre en place une commission délibérative et publier la liste des bateaux industriels autorisés
- Immatriculer les pirogues artisanales
- Reconnaître le statut de « pêcheur surveillant » pour une pêche durable
- Reconnaître le statut de « femmes transformatrices » des produits de la pêche avec une « carte de métier »
Agriculture
- D’ici 2030, 30% des producteurs utilisent, par exemple : le microdosage, des engrais naturels et des produits phytosanitaires biologiques
- D’ici 2030 : 30% des ordures ménagères et des résidus agricoles et de la pêche transformée en compost ; et 70% des agriculteurs utilisent ce compost
- Planter 800000 arbres tous les ans dans les champs et mangroves
Commun à tous les EV
- Promouvoir la commercialisation des produits agricoles et piscicoles sains et durables avec la mise en place de points de vente dans les villes et de coopératives
- Renforcer les filières de formation initiale et professionnelles à la préservation de l’environnement
- Soutenir le dialogue multi-acteurs